« Wir sind ein Volk ». Nous sommes un seul peuple. Ce slogan a marqué les manifestations de 1989 qui ont précédées la réunification. C’est la déformation nationaliste du slogan « Wir sind das Volk » (nous sommes le peuple), lui-même un jeu de mot des manifestants qui répondaient à la Volkspolizei de l’Est.
Seulement voilà, 20 ans plus tard, de part et d’autre de l’ancien rideau de fer, on a du mal à s’homogénéiser.
On peut argumenter sur les différences entre Ossis et Wessis, faire des sondages, regarder des statistiques… Ou on peut demander à celui qui enregistre toutes nos envies : Google.
Le géant californien (+90% de part de marché en Allemagne) enregistre toutes les requêtes des internautes. On peut ainsi comparer l’intérêt de telle ou telle région pour un sujet donné.
J’ai revisité 4 stéréotypes concernant les Allemands de l’Est. Force est de constater qu’ils sont loin d’être faux.
Le but de ce petit exercice n’est pas de dénigrer l’Allemagne de l’Est. Au contraire, il s’agit d’attirer l’attention sur des problèmes poussés sous le tapis. Les commémorations des 20 ans de la chute du Mur ont été un festival d’autruches, toutes pressées d’enfouir la tête dans le sable en voyant arriver un sujet qui fâche.
1. Les Est-allemands sont des handicapés de la technologie

Comme on le sait tous en ayant observé nos parents s’initier à internet en 2002, le newbie tape toute l’adresse d’un site dans la barre de recherche Google. Ca permet de déterminer les régions les plus en retard technologiquement, c’est très pratique.
On s’en doute, c’est l’Est qui gagne à ce petit jeu. Un test sur une dizaine d’adresses de sites connus, fréquentés autant des 2 côtés de l’ancienne frontière, montre que l’internaute de l’Est a 30% de chances de plus d’être ‘computer illiterate’ que son concitoyen de l’Ouest.
L’Est a également du mal à intégrer l’arrivée des nouveautés. Wikipédia, qui a à peine 6 ans, est plus utilisé à l’Ouest, par exemple. Twitter et Facebook, 2 phénomènes très récents outre-Rhin, sont largement plus utilisés à l’Ouest. (Pour le coup, les 70 000 soldats US et leurs familles peuvent y être pour quelque chose, mais ils doivent utiliser des adresses IP américaines).
2. Les Est-allemands n’en foutent pas une

Les recherches sur les termes Arbeitsamt (ANPE) et Hartz IV (le programme de subventions pour chômeurs) sont sensiblement plus élevées à l’Est. Même dans les régions de l’Ouest aux taux de chômage comparables, comme Brême, les chiffres ne sont pas aussi élevés.
Ils cherchent aussi du boulot, faut pas croire. Mais les recherches concernant les petites annonces (jobbörse) sont beaucoup moins importantes, en proportion, que celles concernant les subventions ;-)
3. Les Est-allemands ont du mal avec la démocratie

A chaque élection, c’est la même chose : Les Allemands de l’Est votent mal. Pas aussi mal que les Français (les néonazis sont à 9% dans le pire des cas contre 18% chez nous), mais on a des raisons de les soupçonner de pas tous être fans des droits de l’homme. Quand ils se retrouvent seuls face à leur écran, ils recherchent des choses bien étranges.
Un bouquin d’histoire introuvable en librairie ? Ils le trouvent sur internet. Les recherches pour Mein Kampf sont 20% supérieures à l’Est qu’à l’Ouest. Nos fachos nationaux (les Lorrains, pour ne pas les nommer), font pâle figure à côté : ils sont 2 fois moins nombreux que les internautes de Saxe (Leipzig) à rechercher le livre d’Hitler.
Quand il s’agit de dictateurs, les Est-allemands ne sont pas à une contradiction près. En plus d’être des fans du réseau néonazi Blood and Honor, pourtant d’origine anglaise, ils adulent Staline, absent de la RDA depuis 1956.
4. Les Est-allemands sont coincés

Quand l’Ouest partouzait pour fêter la révolution sexuelle, les jeunes communistes se rebellaient en s’embrassant dans la rue.
Pas aidés par leurs gouvernements, les internautes de l’Est sont toujours aujourd’hui moins portés sur le cul que ceux de l’Ouest. Les recherches sur les mots sex et porn sont sensiblement plus faible à l’Est. Je parle même pas du porno2.0. Youporn est 2 fois plus visité à Francfort qu’à Leipzig.
Même lorsqu’il s’agit de naturisme (FKK en allemand), où la réputation des Est-allemands n’est plus à faire, ils restent incroyablement timides.
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Et la méthodologie dans tout ça ?
Tous les chiffres cités ici sont en proportion des recherches totales dans une région donnée, pas dans toute l’Allemagne. En d’autres termes, les résultats sont normalisés et les différences de population n’entrent pas en ligne de compte.
Les marges d’erreur sont trop importantes pour que les résultats soient extrêmement significatifs, mais ça reste plus sûr qu’un sondage :o) Les données brutes sont là.
Berlin n’est pas inclus puisque la ville était à la fois à l’est et à l’ouest. Et de toute façon, il n’y a que des étrangers.
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